1 Fenrigar

Philippe Jaenada Sulak Critique Essay

Comme disent joliment les québécois : me v'là tombée en amour!

C'est trop tard, non pour moi (pas d'âge pour le coup de palpitant!) mais pour la love story , si ce n'est dans mes rêves: mon bel amoureux est mort et enterré, et, comble de misère, à un moment et dans des circonstances qui me sont passées complètement sous le nez! On n'en avait, à l'époque, que pour Mesrine, et la geste sanglante de l'ennemi public n°1, si elle a défrayé la chronique et n'avait rien pour me faire fantasmer, a pris toute la place et relégué ce gangster gentil au second plan.

Oui, si vous avez bien lu entre les lignes, je me suis prise de passion pour un beau cambrioleur , plein de talent et de culot, plein de charme et d'humour, dont le charisme fracassant a séduit mauvais garçons, belles filles, mais aussi commissaire , matons, et juge d'instruction!

Jamais le moindre sang sur les mains, seulement le goût du risque et du jeu, celui de la confrontation et du défi, et même, je n'hésiterais pas à le dire, un certain sens de la justice et de la répartition équitable des richesses! Sens de la famille, sens de l'honneur, culte de l'amitié, dons multiples, surdoué en tout, sans ostentation mais avec une certaine jubilation ..on n'en jette plus!!

Sulak. Bruno Sulak.

C'est le nom de ce gentleman cambrioleur, de ce gangster de charme, ce moderne Robin des bois, ce prince des monte-en-l'air et de la cambriole doublé d'un virtuose de l'évasion !

Sulak tel que le voit Philippe Jaenada, dans ce gros livre que je n'ai pas pu poser- dont la vie haletante -deux nuits blanches- et hélas si courte, m'a tenue en haleine et...fait tomber, comme je vous le disais, en amour...

Il faut dire que Jaenada, décidément, sait s'y prendre, pour croquer et faire vivre ses personnages, qu'il sait vous harponner avec doigté, vous faire frire d'impatience, bouillir de rage, fondre de tendresse pour son héros, cela va sans dire, mais aussi pour ses acolytes : ce malfrat serbe au grand coeur, Radisa "Steeve"Jovanovic, son alter ego, prêt à se faire tailler en pièces pour son "frère ", Thalie, "La Grande", son amour, ses parents adorables et adorés , ses soeurs affectueuses, le commissaire Moréas, son flic attitré et beau joueur, trop tôt reconverti dans le scénario et l'écriture de polars, son juge d'instruction, cultivé et sensible, qui convoquait hors de la prison, pour lui faire prendre l'air et échanger des idées, cet esprit rebelle et brillant.

Avec un sens inimitable du rythme, alternant les parenthèses hilarantes et les épisodes pleins de suspense, croisant et recroisant les fils du récit sans s'y perdre, boulimique de renseignements épluchés avec un sens critique aigu, plein de fougue, d'empathie et cependant toujours précis, exact et factuel, Philippe Jaenada est ici à son meilleur, me semble-t-il.

Encore plus palpitant, plus convaincant que dans La Serpe.

Il faut dire qu'il n'est pas besoin, comme avec le personnage de Georges Arnaud, à l'abord déroutant et difficile, de nous retourner comme des crêpes au milieu de son récit : Sulak est un personnage en or, qui conquiert son public au premier sourire- qu'il a ravageur- et emporte tous les coeurs -dont le mien- dès sa première apparition!

La fin, bien sûr, est désolante, mais Jaenada n'est pas responsable du scénario, car les faits, comme on dit, sont têtus. ..on peut même dire , dans ce dernier cas, qu'ils sont crapuleux et que l'immoralité, la barbarie, la lâcheté crasse ne sont pas, comme on pourrait le croire, du côté des délinquants , tant s'en faut!

Réservez-vous un gros week-end, coupez votre portable, et vivez sans modération les émotions formidables de ce livre! Il vaut tous les voyages!

+ Lire la suite

Comme disent joliment les québécois : me v'là tombée en amour!
C'est trop tard, non pour moi (pas d'âge pour le coup de palpitant!) mais pour la love story , si ce n'est dans mes rêves: mon bel amoureux est mort et enterré, et, comble de misère, à un moment et dans des circonstances qui me sont passées complètement sous le nez! On n'en avait, à l'époque, que pour Mesrine, et la geste sanglante de l'ennemi public n°1, si elle a défrayé la chronique et n'avait rien pour me faire fantasmer, a pris toute la place et relégué ce gangster gentil au second plan.
Oui, si vous avez bien lu entre les lignes, je me suis prise de passion pour un beau cambrioleur , plein de talent et de culot, plein de charme et d'humour, dont le charisme fracassant a séduit mauvais garçons, belles filles, mais aussi commissaire , matons, et juge d'instruction!
Jamais le moindre sang sur les mains, seulement le goût du risque et du jeu, celui de la confrontation et du défi, et même, je n'hésiterais pas à le dire, un certain sens de la justice et de la répartition équitable des richesses! Sens de la famille, sens de l'honneur, culte de l'amitié, dons multiples, surdoué en tout, sans ostentation mais avec une certaine jubilation ..on n'en jette plus!!
Sulak. Bruno Sulak.
C'est le nom de ce gentleman cambrioleur, de ce gangster de charme, ce moderne Robin des bois, ce prince des monte-en-l'air et de la cambriole doublé d'un virtuose de l'évasion !
Sulak tel que le voit Philippe Jaenada, dans ce gros livre que je n'ai pas pu poser- dont la vie haletante -deux nuits blanches- et hélas si courte, m'a tenue en haleine et...fait tomber, comme je vous le disais, en amour...
Il faut dire que Jaenada, décidément, sait s'y prendre, pour croquer et faire vivre ses personnages, qu'il sait vous harponner avec doigté, vous faire frire d'impatience, bouillir de rage, fondre de tendresse pour son héros, cela va sans dire, mais aussi pour ses acolytes : ce malfrat serbe au grand coeur, Radisa "Steeve"Jovanovic, son alter ego, prêt à se faire tailler en pièces pour son "frère ", Thalie, "La Grande", son amour, ses parents adorables et adorés , ses soeurs affectueuses, le commissaire Moréas, son flic attitré et beau joueur, trop tôt reconverti dans le scénario et l'écriture de polars, son juge d'instruction, cultivé et sensible, qui convoquait hors de la prison, pour lui faire prendre l'air et échanger des idées, cet esprit rebelle et brillant.
Avec un sens inimitable du rythme, alternant les parenthèses hilarantes et les épisodes pleins de suspense, croisant et recroisant les fils du récit sans s'y perdre, boulimique de renseignements épluchés avec un sens critique aigu, plein de fougue, d'empathie et cependant toujours précis, exact et factuel, Philippe Jaenada est ici à son meilleur, me semble-t-il.
Encore plus palpitant, plus convaincant que dans La Serpe.
Il faut dire qu'il n'est pas besoin, comme avec le personnage de Georges Arnaud, à l'abord déroutant et difficile, de nous retourner comme des crêpes au milieu de son récit : Sulak est un personnage en or, qui conquiert son public au premier sourire- qu'il a ravageur- et emporte tous les coeurs -dont le mien- dès sa première apparition!
La fin, bien sûr, est désolante, mais Jaenada n'est pas responsable du scénario, car les faits, comme on dit, sont têtus. ..on peut même dire , dans ce dernier cas, qu'ils sont crapuleux et que l'immoralité, la barbarie, la lâcheté crasse ne sont pas, comme on pourrait le croire, du côté des délinquants , tant s'en faut!
Réservez-vous un gros week-end, coupez votre portable, et vivez sans modération les émotions formidables de ce livre! Il vaut tous les voyages!

+ Lire la suite

Leave a Comment

(0 Comments)

Your email address will not be published. Required fields are marked *